Notions d’Intelligence Artificielle
L’intelligence artificielle (IA) s’est diffusée aussi rapidement que massivement chez les particuliers et les professionnels, grâce à sa facilité d’emploi et l’étendue des possibilités. Néanmoins, ces nouveaux outils peuvent aussi amener certains risques : partages non maîtrisés de données, confiance excessive dans les résultats, piratage de compte en ligne, etc.
Qu’est ce que l’IA ?
L’intelligence artificielle (IA) peut être définie comme un procédé informatique visant à simuler une intelligence humaine : apprentissage, raisonnement, résolution de problèmes, prise de décision. Ces capacités lui permettent ainsi d’analyser et de créer tous types de contenus et de réaliser des actions variées.
Il existe trois grands types d’IA :
- l‘IA générative spécialisée dans la génération de contenus (texte, image, vidéo, musique, etc.) ;
- l‘IA prédictive adaptée pour les analyses et les prévisions sur des données existantes (météo, données statistiques, marchés financiers…) ;
- l’IA agentique constituée d’agents IA (ou assistants IA) autonomes, capables de réaliser des actions sans intervention humaine en vue de répondre à un objectif.
Ces IA sont les moteurs des services en ligne et applications d’IA généralistes (ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini, Mistral Vibe, etc.) ou d’IA spécialisées (génération d’images MidJourney ou Dall-E, de musique comme Suno, etc.).
Elles se trouvent sous la forme d’agents conversationnels utilisables depuis des sites web ou des applications. Elle peuvent parfois s’appuyer sur des agents IA capables de réaliser en autonomie des taches complexes (prise de rendez-vous, traitement et réponse aux mails…), en contexte personnel comme professionnel.
Les IA peuvent être présentes dans de nombreux types d’équipements : téléphone, ordinateurs, véhicules et moyens de transport, objets connectés, mais aussi dans les systèmes d’information (dans le « cloud » comme dans des serveurs internes d’entreprise).
Exemples d’IA dans des environnements numériques :
– un téléphone, un ordinateur : reconnaissance de visages, d’empreintes, recherche avancée dans des bibliothèque de photos, vidéos, documents, etc., assistance à la navigation et la recherche sur Internet, assistants vocaux, assistants bureautique, etc.
– un véhicule, un moyen de transport : assistance à la conduite, pilotage automatique, prédiction de panne…
– des objets connectés : assistants domestiques (Amazon Alexa, Apple Home, Google Home…), vidéosurveillance assistée par IA, équipements industriels ou de santé, etc.
– dans les systèmes d’information de tous types d’organisations : automatisation de processus et d’actions complexes, logiciels intégrant l’IA, analyse d’entrepôts de données et prédiction d’activités, détection et réponse aux menaces de cybersécurité…
Bonnes pratiques d’usage de l’IA pour les particuliers
Pour les particuliers, les risques principaux sont liés aux informations et données personnelles partagées, dont certaines peuvent être sensibles, ainsi qu’au recul nécessaire dans l’usage de cette technologie. Les bonnes pratiques suivantes permettent de mieux maîtriser ces risques.
1- Évitez de partager avec les IA des sujets ou des documents personnels sensibles.
Les requêtes (appelées « prompts ») et les documents partagés avec l’IA permettent d’identifier vos centres d’intérêts ou sujets de préoccupations. Ces données peuvent aussi servir à entraîner l’IA qui les garde en mémoire, ce qui peut parfois conduire à des fuites d’informations personnelles.
2- Ajustez les paramètres de confidentialité de votre compte IA pour réduire la durée de conservation des échanges et la réutilisation de vos données pour l’entraînement de l’IA. Aussi, vous pouvez régulièrement effacer l’historique de vos conversations.
3- Vérifiez par vous-même la pertinence des réponses de l’IA pour les sujets qui ont un enjeu. Gardez du recul et votre esprit critique : l’IA peut parfois se tromper, inventer ou disposer de sources erronées. Consultez en complément des sources de référence : encyclopédies en ligne, presse (actualités, rubriques de vérification de faits, etc.), sites de référence, etc.
En cas de doute, demandez à l’IA de citer les sources qui lui ont permis de rédiger la réponse.
4- Une IA n’est pas un médecin, un psychologue, un expert juridique, ou toute autre profession réglementée. L’IA peut aider à explorer ou comprendre un sujet mais ne remplace pas un professionnel certifié pour les sujets importants.
5- Protégez vos comptes d’accès aux services d’IA :
-
- en utilisant un mot de passe différent sur chaque service ;
- en créant des mots de passe robustes. Au moins 12 caractères et constitués de majuscules, de minuscules, de chiffres et d’un caractère spécial (?!#, ; etc.) ;
- en activant l'authentification à double facteur dès qu'elle est disponible ;
6- Vérifiez les autorisations accordées aux IA dans vos applications et leurs extensions, ainsi que dans vos services en ligne (messageries, réseaux sociaux, navigateurs, etc.) et limitez–les au strict nécessaire : réduction des autorisations pour l’entraînement de l’IA, des suggestions par IA, des accès à vos documents et données, des actions automatiques à votre place sans confirmation humaine, etc.
Risques
Partage involontaire d’informations personnelles
L’utilisation d’outils d’IA peut amener à communiquer des données privées (identité, santé, situation familiale) sans en percevoir le caractère sensible.
Confusion sur la confidentialité des échanges
Les interactions avec une IA peuvent être perçues comme privées ou éphémères, alors qu’elles peuvent laisser des traces ou être conservées.
Vulnérabilité accrue face aux usages détournés
Une méconnaissance des règles de confidentialité peut exposer les seniors à des utilisations non souhaitées de leurs informations.
Symptômes
Tendance à partager des informations intimes ou sensibles
L’internaute peut transmettre spontanément des éléments de sa vie personnelle lors de l’utilisation d’outils d’IA.
Difficulté à évaluer ce qui doit rester confidentiel
Une hésitation peut apparaître quant aux informations qu’il est prudent ou non de communiquer.
Inquiétude ou incompréhension face aux usages numériques
Des doutes ou des craintes peuvent surgir après coup, une fois le partage réalisé.
Remèdes
Clarifier les notions de données personnelles et de confidentialité
Ne jamais partager avec une IA des informations qui concernent directement sa vie privée.
Informations à ne pas partager avec une IA :
- nom et prénom complets
- adresse, téléphone, e-mail
- informations de santé
- situation familiale ou financière
- difficultés personnelles ou intimes
Règle simple à retenir :
“Tout ce qui te concerne personnellement reste hors de l’IA et doit rester personnel.”
Phrase rassurante à se dire :
“Si c’est personnel, ce n’est pas fait pour un outil.”
Simplifier les usages et les outils
Plus un outil est simple, plus la confidentialité est facile à préserver.
Cadre à privilégier :
- un nombre limité d’outils
- des interfaces claires et stables
- des fonctionnalités réduites à l’essentiel
Ce qui doit être évité :
- multiplier les applications
- utiliser des outils mal compris
- accepter des options sans savoir à quoi elles servent
Règle simple :
“Si je ne comprends pas à quoi sert une option, je ne l’utilise pas.”
Favoriser un accompagnement humain de confiance
Ne pas rester seul face à des outils d’IA que l’on ne maîtrise pas totalement.
Cadre protecteur à installer :
- identifier une personne de confiance
- poser des questions avant de partager une information
- demander de l’aide en cas de doute
Règle essentielle :
“En cas de doute, on demande avant, on n’attend pas d’avoir commis une erreur.”
Phrase intérieure :
“Il vaut mieux poser une question que regretter un partage.”
Pourquoi c’est la clé :
La sécurité numérique repose autant sur le lien humain que sur la technique.
Sources : Cybermalveillance.gouv.fr - Permis-ia.fr